La musique à la capacité de toucher les sentiments de la personne qui l’écoute. Qui n’a jamais eu ce frisson au temps fort de cette musique ou encore tapé du pied sur celle-là ?
Bien sûr nous avons tous un degré de sensibilité à la musique qui nous est propre – à des moments différents et à des niveaux différents.
De nombreux patients souffrent d’anxiété au moment de se faire soigner au cabinet dentaire. La musique pourrait-elle aider à réduire l’anxiété au cabinet dentaire ?
Les bien-faits de la musique au cabinet
D’abord, la musique en salle d’attente permet d’éviter que les patients entendent ce qui se passe en salle de soin. Éviter le bruit strident de « la fraise du dentiste » ne peut être que bénéfique pour un patient déjà anxieux. Évidemment, cela permet également de garder la confidentialité des soins et de respecter le secret professionnel.
Pour aller encore plus loin, la musique dans la salle d’attente permets d’apaiser en créant une ambiance sonore, qui occupe l’esprit et réduit la perception du temps d’attente.
Au sein de la salle de soin, la musique a également des vertus, démontrées par de nombreuses études. D’abord, la musique offre un environnement plus calme, positif et rassurant. Le patient se sent alors plus en sécurité et se détendra plus facilement. De ce fait, il sera plus facilement coopératif lors des soins, et montrera une plus grande satisfaction.
Si ces bien-faits sont applicables au patient, il convient que le praticien et l’équipe en bénéficie également.
La musique permets une régulation physique, une étude publiée par Critical Care Med en 2007 démontre que des patients ayant écouté du Mozart avait un taux d’adrénaline inférieur à celui de ceux n’ayant écouté aucune musique.
De plus, la musique aurait réduit leur pression artérielle, fréquence cardiaque et leur taux de cortisol salivaire. Le stress était donc physiquement et objectivement réduit.
En plus de réduire son stress, la musique permet au praticien de mieux se concentrer et plus facilement.
La musicothérapie
Au terme général, la musicothérapie est une psychothérapie par le son, la musique. Elle est à la fois l’utilisation de la musique comme moyen d’expression, de communication, de structuration et d’analyse de la relation. Cet outil est utilisé comme moyen de relaxation, de dynamisation, d’amélioration des capacités cognitives ou motrices.
Dans le milieu médical, la musicothérapie est utilisée pour réduire le stress et l’anxiété des patients, pour aider à la communication avec des personnes ayant des barrières et des appréhensions face aux soins (phobie, autisme, handicap...).
Comment la mettre en place ?
« Qui craint de souffrir, souffre déjà de ce qu’il craint », ces propos de Montaigne sont aujourd’hui vérifiés. La science a de nombreuses fois prouvé le lien entre douleur et anxiété. Il est donc intéressant de chercher à réduire le stress du patient.
Pour la mise en place dans le cabinet, il faut savoir que la musique répond à des règles d’harmonie et de rythme, que notre cerveau interprète. Ainsi, nous pouvons détecter une fausse note sans même être musicien.
La musique est une balance de rythme, de tempo (vitesse), tonalité (do, ré, mi...), d’intensité (crescendo, allegro...) et de timbre (plus ou moins chaleureux).
Un son avec un faible tempo et une tonalité plus grave permettra au patient de relâcher son anxiété, là où un son aigu et rapide sera plus anxiogène. À l’image des violons des films de Hitchcock. Bien que basé sur un son grave, on ponctuera le morceau avec des notes plus aiguës et des sons aléatoires afin de l’enrichir sans le rendre agressif.
Chaque personne ayant sa sensibilité à la musique et un tempo qui lui est propre, il est également intéressant de faire remplir un court questionnaire psychologique et musical. Ainsi, vous pourrez orienter la musique pour s’adapter à son tempo et à son tempérament.
Il faut savoir que tous les patients ne sont pas réceptifs à la musique. Ici, nous nous adressons à 3 profils type :
- Adultes anxieux, voire phobique
- Enfant anxieux, non-coopératif ou non-confiant
- Patient ayant un handicap mental ou avec qui la communication est complexe.
Il convient que les patients ayant des troubles de type épilepsie musicogène, hallucinatoire, n’étant pas sensible à la musique ou malentendant, ne sera pas ciblé par cette démarche qui sera bénéfique pour d’autres profils.